Dans la perspective de doter le Bénin d’un cadre juridique régissant le volontariat, le gouvernement a mandaté l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe) pour élaborer un avant-projet de loi. Validé en atelier le 25 septembre à Cotonou, ce texte marque une étape clé vers l’institutionnalisation de l’engagement citoyen des jeunes.
Le recours au service des volontaires au Bénin ne date pas d’hier. « Pendant la période révolutionnaire, l’État béninois a expérimenté le recrutement de jeunes instituteurs révolutionnaires dans l’enseignement primaire et également l’envoi en mission d’enseignement les jeunes bacheliers et étudiants dans les lycées et collèges », a rappelé Jeun-Eve Assogba Délé, coordonnatrice départementale du Littoral de l’Anpe. Depuis, plusieurs initiatives ont vu le jour.
Il a eu entre autres le Service militaire d’intérêt national établi par décret en 2007 et la création du Corps national de jeunes volontaires pour le développement (2010). Le 27 avril 2007, le pays signait la charte africaine de la jeunesse, « ratifiée par la suite le 6 novembre 2014 ».
L’avant-projet de loi validé à Cotonou vient pallier ce manque. Olivier Noukpokinnou, coordonnateur du projet Iyba-seed de l’Organisation néerlandaise de développement (Snv) est convaincu que ledit texte va permettre de « faire du volontariat un instrument de développement socio-économique » du Bénin. En ce sens qu’il met en place « un cadre légal pour organiser, valoriser et protéger les actions des volontaires ».
Le texte définit les différentes formes de volontariat – national, international et traditionnel – et établit les droits et devoirs des volontaires. Il prévoit notamment une allocation de subsistance, une couverture sociale, la reconnaissance des compétences acquises. Il prévoit également un régime de sanctions pour les structures d’accueil qui manqueraient à leurs obligations.
Promotion et valorisation du volontaire
L’avant-projet de loi sur le volontariat comporte six titres et soixante-dix-neuf articles. Outre les dispositions relatives aux droits et devoirs des volontaires et structures d’accueil, il innove sur la question du financement. Le texte dispose d’une ligne budgétaire inscrite au budget national, mais aussi une ouverture à des contributions du secteur privé, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile. Il ouvre également la voie à des mécanismes de financement participatif. Cette approche vise à garantir la pérennité des programmes.
À terme, la future loi contribuera à encourager l’engagement citoyen des jeunes, protéger les volontaires en leur garantissant des droits et une couverture sociale, valoriser leur expérience en reconnaissant les compétences qu’ils acquièrent.
À travers cette loi, le Bénin entend non seulement se conformer à la Charte africaine de la jeunesse et aux résolutions des Nations Unies, mais aussi faire du volontariat un véritable levier d’insertion professionnelle et de participation citoyenne des jeunes.
La séance de validation de l’avant-projet de loi sur le volontariat n’est que la première étape dans le processus. Le texte passera entre autres en conseil des ministres pour aboutir à un projet de loi, puis transmis au parlement pour étude et adoption.Volontariat au Bénin : L’Anpe mise sur la jeunesse pour renforcer l’action communautaire Avant de passer à la phase de promulgation.
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