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Consommation des stupéfiants : Les artisans et les conducteurs de Zémidjan en tête au Bénin

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Les décennies d’interdiction et de répression pénale contre la consommation et le commerce des stupéfiants n’ont pratiquement rien changé dans le monde. Au contraire, la lutte a « porté préjudice aux droits de millions de personnes », indique l’Ong Amnesty international dans une déclaration publique à l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort.

Par Raymond FALADE

La lutte contre la consommation et le commerce des stupéfiants, est « source de violences, de maladies et autres risques sanitaires graves, d’incarcérations massives, de souffrances et d’atteintes aux droits humains », déplore l’organisation de défense des droits humains.

Outre la peine de mort, la « guerre contre la drogue » a débouché sur des violences policières, des discriminations, des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, des détentions arbitraires, des conditions de détention inhumaines et des violations des droits économiques, sociaux et culturels — notamment du droit à la santé » a relevé l’organisation.

De nombreux pays ont adopté la peine de mort comme ‘’meilleur moyen’’ de lutte contre la consommation et le commerce des stupéfiants. Ce moyen s’est montré malheureusement ‘’inefficace’’. Amnesty international a révélé que « de nombreuses études ont montré que la peine capitale n’exerce pas d’effet dissuasif particulier sur la criminalité ».

D’ailleurs, « de nombreux États ont aussi reconnu que ce cadre punitif n’avait pas eu l’effet escompté sur les engagements qu’ils avaient pris en faveur de la protection de la santé et des droits de la population contre les risques induits par les stupéfiants », rapporte l’Ong.

Revoir la lutte

Amnesty International s’est jointe à de nombreuses autres organisations de la société civile pour exhorter les États à prendre un tournant dans la manière dont ils répondent aux problèmes associés aux stupéfiants et leur demande « de mettre en place des mesures remédiant aux inégalités sociales et promouvant la justice sociale et les droits économiques, sociaux et culturels ».

L’organisation invite également les États à adopter certaines mesures notamment l’abolition de la peine de mort, la dépénalisation de la consommation, la possession, la culture et l’achat de tous les stupéfiants pour un usage personnel.

Aussi, a-t-elle demandé d’élargir « les services de santé et autres services sociaux pour éliminer les risques liés à la consommation de stupéfiants, mettre en œuvre des solutions autres que les sanctions pénales pour les infractions mineures liées aux stupéfiants commises sans recours à la violence et ne se traduisant pas par un préjudice pour autrui ».

Malgré des violations généralisées des droits humains commises au nom de la « guerre contre la drogue », les mécanismes internationaux de contrôle des stupéfiants — tels que la Commission des stupéfiants et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc) — sont loin d’avoir réussi à garantir la mise en œuvre des politiques de lutte contre les stupéfiants dans le respect du droit international relatif aux droits humains conclu l’organisation.

Le cas du Bénin

Lors d’une causerie-débat en 2021 à la Maison des médias, le commissaire de police, secrétaire permanent de la Commission interministérielle de lutte contre l’abus des stupéfiants et des substances psychotropes (Sp-Silas), Bachirou Sidi Ibrahima a indiqué que le chanvre indien est la drogue la plus utilisée au Bénin parce que très souvent, il y est ajouté de l’alcool. « Dans nos statistiques, nous avons plus de 50% de consommateurs de drogue qui ne consomment que le chanvre indien », révèle-t-il.

Les couches les plus touchées sont les artisans et les conducteurs de Zémidjan. Énumérant les causes qui poussent beaucoup à se ruer vers les stupéfiants, il a cité le mimétisme, la mauvaise compagnie, le manque de suivi des enfants au niveau des parents, le divorce qui impact négativement l’éducation de certains enfants.

La drogue, définit Bachirou Sidi Ibrahima, est « toute substance naturelle dont la consommation modifie les sensations et le comportement de l’homme ». Aujourd’hui, elle est retrouvée dans plusieurs produits comme les bonbons, les biscuits, les toffis. Ainsi, soulignent les spécialistes, « celui qui consomme la drogue est un malade et non un délinquant ».

« Les consommateurs souffrent 9 fois de la tuberculose que les autres. Lorsqu’on les arrête par exemple, ils vont en prison avec leur tuberculose. C’est un véritable problème de santé publique », fait observer la responsable de mission du projet de réduction des risques de l’Ong Médecin du monde en Rci, Dr Lise-Hélène Pourteau Adjahi, qui a participé à cette causerie.

Pour venir à bout du phénomène, le professeur directeur du Centre national universitaire psychiatrique de Cotonou Magloire Gansou propose de « coordonner nos activités de riposte, renforcer la prise en charge par les formations continuent des personnes formées spécialement à la prise en charge des citoyens consommateurs de substances psychoactives ».

Aujourd’hui, l’une des causes des maladies mentales est la consommation de la drogue. Au Centre national universitaire psychiatrique de Cotonou ex Jacquot, les agents en reçoivent régulièrement. La plupart sont des jeunes, souligne Gislaine Bankolé, médecin en spécialisation dans ledit centre.

 

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