Home Actualité Mali: 62 groupes armés non conventionnels se rivalisent
Mali

Mali: 62 groupes armés non conventionnels se rivalisent

Par Arnauld KASSOUIN
0 Commentaire

Le Mali compte 62 groupes armés non conventionnels. Cette explosion de groupes armés intervient dans un contexte où les conflits à configuration terroriste font ravage. La création de groupes dissidents a beaucoup évolué du fait de l’évolution de différents conflits qu’a connus ce pays sahélien.

Suivre la chaîne Bénin Intelligent Officiel sur WhatsApp 

Historiquement, plusieurs rébellions armées ont découlé du conflit entre la communauté Touareg et l’État central malien. Au total, le Mali a connu 7 rébellions importantes comme le dénombrent les auteurs de « Les rébellions au nord du Mali, des origines à nos jours ». Choguel Kokalla Maïga, actuel premier ministre et Issiaka Ahmadou Singaré. Livre paru aux éditions Edis.

À côté des rébellions, l’ex Soudan français a connu également de multiples crises. Depuis le coup d’État du 21 mars de 2012, « on peut considérer qu’au Mali l’état de guerre de faible intensité est quasi-permanent » (Guichaoua & Pellerin 2017). Ce qui a d’ailleurs favorisé la naissance « de façon cyclique » et progressive « de groupes armés indépendantistes ». Selon la « cartographie des groupes armés non étatiques dans l’espace du G5 Sahel : cas du Mali ».

Les groupes armés non conventionnels sont des organisations ou des associations de personnes. Elles utilisent la force armée pour atteindre leurs objectifs politiques, économiques ou sociaux. Ces groupes ne sont affiliés d’aucune manière à l’armée régulière de l’État central malien ou de la communauté internationale. Selon le Protocole additionnel II aux Conventions de Genève d’août 1949, ces groupes désignent les « forces armées dissidentes ou des groupes armés organisés » qui se battent contre des forces armées régulières. Ou entre eux sur le territoire d’un ou plusieurs États. Ces groupes peuvent inclure donc des milices, des groupes rebelles ou des organisations terroristes.

LIRE AUSSI:

Bataille de Kidal : Goïta 1, rebelles touaregs 00

Les groupes armés organisés du Mali

En effet, au Mali, on compte 62 groupes armés non conventionnels identifiés. Ils « peuvent être catégorisés en trois grands groupes » (Csamap, 2021, p17). Parmi lesquels figurent : des groupes indépendantistes et alliés. Des groupes armés constitués en réponse aux menaces des groupes indépendantistes et terroristes et de la non satisfaction de l’offre de sécurité de la part de l’État malien.

Puis des groupes extrémistes violents avec le référentiel musulman (terroriste). Les groupes indépendantistes et alliés sont ceux n’ayant pas d’affiliation à l’État. Et qui ont participé au processus de paix de 2015. Ceux-ci, « à la différence des autres, sont mieux structurés avec des ailes politiques, un projet politique et une ligne de revendications ». Le Mouvement national de libération de l’azawad (Mnla) fait partie de ces derniers. Contre l’armée malienne en 2012, il a pactisé avec Al-Qaïda par exemple.

Les groupes extrémistes violents avec le référentiel musulman (terroriste) « sont des organisations avec une composante religieuse, une composante banditisme, une composante trafic et une composante mercenaire » (csamap, 2021, p24). Ils sont des acteurs qui usent de la stratégie de la terreur pour atteindre leur but. Comme mouvements extrémistes violents ou groupes djihadistes présents dans les régions du nord et du centre du territoire malien on peut citer : l’État islamique du grand Sahara (Eigs), Aqmi et le Jnim ( formée en mars 2017)…

De plus, au nombre des groupes armés nés en réponse aux menaces des groupes indépendantistes et de la non-satisfaction de l’offre de sécurité de la part de l’État, on peut évoquer les groupes d’autodéfense comme : Dana Ambassagou fondé en 2016 et qui regroupe en son sein des chasseurs dogons. Le groupe Karamoko Ni Ko de la région de Ségou et des milices Donzos font partie également des groupes d’autodéfense.

Le coup d’État de la nuit du 21 au 22 mars 2012, a vu naître et évoluer une mosaïque de mouvements dissidents. Parmi ceux-ci figurent : le Front Populaire de l’Azawad ; la Coordination des Mouvements et Forces Patriotiques de Résistance et du Mouvement Populaire pour le Salut de l’Azawad. Des mouvements nés après la signature de l’accord de paix, on peut citer: le Mouvement pour le Salut de l’Azawad; le Congrès pour la Justice de l’Azawad. Les plus actifs d’entre eux aujourd’hui sont entre autres : le Msa-d, Msa-c, Maa loyalistes, Maa Cma, Hcua.

Activités quotidiennes des groupes armés non conventionnels

Les groupes armés se distinguent les uns des autres par leur mode d’action, leur composition et leur zone d’intervention. Les groupes indépendantistes et alliés sont pour la plupart signataires de l’accord d’Alger avec l’État central. Tout en ayant une capacité opérationnelle sur une bonne partie des régions de Kidal, Tombouctou, Gao et Ménaka. Outre les revendications avec d’autres groupes armés et entre force de défense et de sécurité, ils développent une économie inclusive et intégrée sur les localités d’occupation.

Aussi, pour maintenir leur influence et leur pouvoir sur le terrain, les groupes nés en réponse aux menaces des groupes indépendantistes, font office de stratégie. Ils usent ainsi « des actes de guérilla, d’assassinats ciblés, d’arrestations arbitraires et de justice vindicative. Leur mode d’action se traduit également par des rackets, des alliances contre nature. Comme groupes à configuration indépendantiste, on a : Dana Amassagou, Dana atem, Dana Amatemné, milice Donzos.

Les groupes extrémistes violents avec le référentiel musulman sont composés essentiellement de section de communication, de défense, de renseignement, d’éducation-prêche et d’une section de justice pour appliquer la charia. Ils se manifestent par la multiplicité d’actes violents, funestes et incitants à la haine. Dans le nord et le centre du Mali, on retrouve Aqmi, l’Eigs et d’autres ramifications structurées comme la Katiba de Macina.

Cependant, la présence de ces 62 groupes armés non conventionnels au Mali est un facteur majeur de la déstabilisation du pays. Leurs activités quotidiennes, axées sur le contrôle des ressources et le maintien de leur pouvoir, ont un impact négatif sur la population civile. De plus, elles entravent les efforts de paix et de stabilisation dans la région.

Au Sahel, après le Burkina Faso, le Mali est le deuxième pays le plus touché par le terrorisme, à en croire le rapport “Global terrorism index” de 2023. Aussi, les attaques terroristes sont devenues fréquentes, plus meurtrières et plus audacieuses. De plus en plus, les terroristes s’en prennent davantage aux forces de défense et de sécurité; les harcelant même dans leurs casernes (Doumbia, 2022, p. 27).

LIRE AUSSI:

Négocier avec les ‘’terroristes’’ comme modalité de résolution des conflits complexes et à configuration terroriste : Leçons afghane et malienne pour le Burkina Faso

Lire aussi

Laisser un commentaire

A propos de nous

Bénin Intelligent, média au service d’une Afrique unie et rayonnante. Nous mettons la lumière sur les succès, défis et opportunités du continent.

À la une

Les plus lus

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour être notifié de nos nouveaux articles. Restons informés!