Aubin Féligbé a lancé jeudi 18 avril à l’Institut français de Cotonou, sa pièce de théâtre intitulée « Un solitaire à 4 griffes ». L’ouvrage appelle à réfléchir sur le sens des relations humaines, notamment le mariage et la rupture.
« Moi, je cherche le lieu, le met, les mots et les gestes exacts pour mettre fin à une relation, et non pour la commencer ». Ce sont là les mots de Hafissou à Gildas, propriétaire du restaurant « La vie » où se déroule la scène. Le nom du restaurant répond à la volonté de l’auteur de montrer que les différentes thématiques abordées sont des réalités de « la vie ».
« Un solitaire à 4 griffes » est une pièce de théâtre de l’auteur comédien conteur dramaturge Aubin Comlan Feligbe. Il parle du mariage et de ses contours. Paru aux éditions Savane du continent, il s’étend sur 71 pages. Le texte à l’allure poétique est découpé en 4 scènes.
Avec une « précision presque chirurgicale », il dépeint des thématiques telles que la confiance, la sexualité et l’homosexualité, trahison et triomphe, mais également la valeur du temps comme « denrée qui ne suffit jamais ». Il fait également un clin d’œil à la Françafrique dont « on parlera toujours » puisque désormais « inscrit dans notre histoire ». Un peu comme un « mariage » entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique, pense l’auteur.
« Pourquoi se marie-t-on ? Qui a eu l’idée de créer une institution aussi sentencieuse et définitive que le mariage ? Le même aurait-il, comprenant enfin son erreur, créé le divorce ? ». L’extrait de « Tant de gens espèrent être aimés, et beaucoup ne sont que mariés » de Carmen Toudonou permet à Roland Kovènon de planter le décor de sa présentation de la pièce. Pour le chroniqueur littéraire, l’auteur a choisi de briser les conventions. Il « renverse » l’ordre des choses dans une « esthétique créative qui fait l’originalité de son texte ».

« Célébrer la rupture »
Le Solitaire 4 griffes est une bague ornée de diamant serti par 4 griffes. On l’offre pour célébrer les fiançailles ou le mariage. Mais ici, point n’est question de célébration si ce n’est de la rupture après 4 années de relation amoureuse. Et ceci à quelques jours des noces. La romance doit sa chute à l’infidélité de futur époux, Hafissou avec l’organisatrice de mariage – Angela – proposée par la future épouse, Naomi. La mission d’Angela étant d’aider Hafissou à avoir la prestance que désire Naomi.
La dichotomie entre le symbole auquel renvoie le titre du livre et la photo de couverture présente au lecteur un contraste déconcertant qui suscite la curiosité. Aubin Comlan Feligbe aborde par là, « la question du bonheur à deux, la question du vivre ensemble ». Il entend susciter le doute sur les ruptures et leurs fondements. « Est-ce qu’on veut vraiment rompre au fond ? ». Et pourquoi ne pas organiser une cérémonie de rupture ?
Aubin Feligbe espère à travers cette démarche « par l’absurde », amener les gens à « réfléchir par deux fois » avant de décider d’une rupture. L’Union culturelle et artistique des étudiants (Ucae) a offert une lecture théâtrale sommaire de la première scène à l’assistance. Fabienne Bidou, directrice déléguée de l’Institut français se réjouit au nom de l’institut de pouvoir « contribuer » à ce lancement. Elle se dit impatiente de voir la suite de la pièce et les œuvres à venir de l’auteur.
Ce dernier promet dit compter sur les uns et les autres pour consommer sans modération cet ouvrage. Car au-delà d’une simple pièce de théâtre, il se veut un éveilleur de conscience.




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