Près de 10 mois après le coup d’État au Niger, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Bénin prend la parole. Aurelien Agbenonci analyse la situation et le rôle qu’a joué son pays à travers la Cedeao dans cette crise. Lequel rôle a complètement fragilisé les relations entre le Bénin et le Niger aujourd’hui.
Dans un entretien accordé à Rfi, le premier chef de la diplomatie béninoise sous le président Talon dit d’abord être surpris d’apprendre que le gouvernement du Bénin ait bloqué l’embarquement du pétrole nigérien à partir des eaux béninoises vers la Chine. «Je pensais qu’on était dans une démarche d’apaisement et de retour à la sérénité. Donc, j’ai été surpris», a-t-il déclaré.
À l’origine cette crise entre le Bénin et le Niger, la fermeture des frontières du côté du Bénin. Une décision prise après le coup d’État du 26 juillet 2023. Sur cette demarche du Bénin, Aurelien Agbenonci estime que ce «n’était pas la bonne décision». Parce que «la Cedeao qui a recommandé ces sanctions qui sont plutôt radicales, elle-même est dans une crise identitaire».
« On parle d’une communauté économique de l’Afrique de l’ouest. Mais on s’est retrouvé dans une situation où la Cedeao est partie directement dans un terrain politique» constate l’ex ministre.
Pour lui, «lorsque vous imposez des sanctions politiques alors que votre rôle est de rester d’abord dans la recherche de convergence économique pour pouvoir pousser la croissance et favoriser le développement dans cet espace communautaire, forcément on arrive dans une situation difficile comme celle-là».
Aurelien Agbenonci trouve la décision de la Cedeao au début de la crise au Niger «très dure». De même, «elle est inconforme à un protocole qui existe. Le protocole sur la Cedeao». Aurelien Agbenonci pense «qu’on aurait pu trouver une manière un peu plus simple de régler le problème». Par exemple, «forcer sur le dialogue, trouver des compromis, établir des échéances des retrait des forces qui ont été responsables de ces changements».
À l’en croire, des moyens qui ont déjà fonctionné dans le passé. L’ancien ministre des Affaires étrangères du président Talon martèle «qu’on est allé un peu trop fort et je pense que quand on va un peu trop fort parfois ça ne marche pas».
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Malgré l’ouverture des frontières côté béninois, le Niger maintient ses frontières fermées. Ce que ne comprennent pas les autorités béninoises. Mais la raison est simple selon Aurelien Agbenonci. Le dialogue est difficile. «Il y a eu des suspicions de part et d’autre. Il y a eu des accusations de part et d’autre qui forcément ont fait disparaitre la confiance entre les parties» précise-t-il. Pour lui, «s’il y avait pas des interférences supposées au réel d’autres centres de pouvoir dans le dialogue entre ces deux pays, on ne serait pas arrivé à cette situation».
Aussi analyse-t-il, dans cette crise, «le Bénin peut-être, peut sous-estimer l’importance du Niger dans l’économie». Mais «on a vu les résultats plus tard, la situation du port. Le port de Cotonou en a souffert. Le Togo en a profité. J’ai écouté les autorités des deux pays et j’ai compris que le Togo n’avait pas préparé spécialement une manœuvre contre le Bénin. Le Bénin n’ont plus n’avais pas prévu que les choses vont prendre une telle proportion». Aurelien Agbenonci estime alors qu’une saine appréciation de la réalité et du rôle de chacun aurait pu amener à éviter cette situation.
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1 Commentaire
Il était au gouvernement, il est comptable de ce qu’il reproche au Bénin. Il parle comme si il n’était pas le ministre des affaires étrangères du Bénin, lorsqu’il y avait pas soit disant dialogue entre le Bénin et le Niger.
Voilà des gens qui retournent déjà leur veste en moins d’un an…parce qu’il n’est plus au gouvernement : juste des politiciens qui pensent qu’à leurs futurs.
Vivement que le nouveau code électoral et le code des partis politiques soient renforcés pour que les politiciens assument leurs responsabilités.