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Crime rituel à Toviklin : Indignation et haro sur l’amalgame

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Un syndicat de dignitaires du Vodun condamne le crime rituel enregistré dans la commune de Toviklin avec l’assassinat d’un jeune de onze ans. Ils déplorent toutefois la récupération de ce dossier pour diaboliser la spiritualité Vodun et condamner la politique de réhabilitation du gouvernement. Dans leur déclaration obtenue par Bénin Intelligent, les signataires font alors la part, d’abord entre ”fétiche” et Vodun; ensuite entre la fonction de Hounnon et les criminels. L’État est enfin encouragé à poursuivre l’œuvre de salubrité publique.

DÉCLARATION DE PRESSE DU SYNDICAT NATIONAL DES MÉDECINS INTELLECTUELS TRADITIONNELS ET ASSIMILÉS DU BIEN (SYNAMITRAB)

Crime rituel et Cybercriminalité à toviklin.

LA VÉRITÉ DES FAITS

Nous assistons depuis quelques jours à travers les réseaux sociaux et la presse écrite des discussions et commentaires autour d’un corps sans vie retrouvé dans la commune de Toviklin, village Nanonmè

Selon le journal Banouto: « Une découverte macabre à Doko Nanonmè, un village de la commune de Toviklin. Un garçon de 11 ans a été retrouvé égorgé sur des fétiches dans le domicile d’un féticheur. qui a subi la fureur de la population.»
Un autre journal, le potentiel a écrit : « Porté disparu en début de semaine, c’est finalement ce mercredi 29 mai qu’il sera retrouvé, la tête tranchée. Il s’agit d’un jeune écolier en classe de CM1. L’auteur du drame serait connu. Un jeune prêtre de vodun, visiblement connu des habitants du village pour sa consommation des substances psychotropes et ses violences habituelles envers ses géniteurs.»

Le Bureau Exécutif National du SyNaMITrAB, s’est réuni en sa séance extraordinaire autour de la situation et a diligenté une enquête de terrain. Vous aurez les résultats dans cette déclaration. Il remercie Banouto et Le potentiel pour avoir éclairé les peuples.

Mais seulement voilà ! Malheureusement, certains commentaires qui se font autour de cet acte criminel, odieux et honteux, ne sont de nature qu’à orienter la lutte contre les crimes rituels et la cybercriminalité au Bénin, probablement vers d’autres objectifs. Pour preuves lisons les commentaires suivants :
  • a- « Voilà les religions endogènes dont vous faites l’apologie. Respectez-vous et donnez votre vie à Dieu.»
  • b- « Jésus Christ de Nazareth a déjà fait le sacrifice.»
  • c- « N’abandonnez pas ces abominations que vous défendez ouvertement. Talon peut aller sur la lune et revenir…la malédiction divine demeure sur toute nation qui pratique et défend de pareilles abominations. Or la malédiction nous limite…»
  • Etc.

Pour une meilleure compréhension de la situation, le B.E.N/ SyNaMITrAB a joint Hounnon Edah Tchègnonhou membre de l’organisation syndicale de la commune de Toviklin, domicilié à Doko où le crime a eu lieu.

Ce dernier a déclaré ce qui suit : « nous connaissons Kpossamé Jérémie, c’est un criminel qui s’est surnommé Hounnon, il n’a pas encore atteint l’âge de 20 ans (vingt ans), c’est un petit déréglé mental et Gayeman. Il a fabriqué de ses propres mains des “fétiches Gayeman”. Il ne peut fréquenter aucun Hounnon de la localité parce qu’il n’a reçu aucune formation de Hounnon nulle part. Il n’a pas de père spirituel Hounnon, ni de mère spirituelle Hounnon. Ce criminel a été tué par la vindicte populaire, la police n’a pas pu le sauver.»

En réalités les trois différents commentaires cités plus haut sont tombés en ruine parce que justement le sieur Kpossamé Jérémie n’est pas un Hounnon digne du nom, c’est un criminel, un hors la loi et devrait être traité comme tel par la justice.

Le président Talon, n’a commis aucun crime. Il défend simplement la tradition primordiale africaine Vodou qui fait la fierté du Bénin partout dans le monde. Aucun pays au monde, ne peut se développer en dehors de sa culture. Dans ce cadre, contrairement aux commentaires de certains chrétiens, aucune malédiction ne tombera sur le Bénin au nom des mânes de nos ancêtres et de Dieu tout puissant.

En outre, l’amalgame qui est semé autour de cette activité depuis quelques jours n’engage que leurs auteurs, les Hounnon du Bénin dans leur ensemble et le SyNaMITrAB en particulier ne se retrouvent pas engagés. En effet, le triste événement de Nanonmè nous amène à faire une réflexion scientifique autour des crimes en Afrique.

LES CRIMES RITUELS EN AFRIQUE

I-1 Bref aperçu historique autour du crime rituel en Afrique

Le crime rituel est un phénomène qui n’épargne aucun continent. Le crime rituel existe depuis des temps immémoriaux, pratiqué partout dans le monde.
Certaines femmes hommes de pouvoir ou non, dans leur désir d’en amasser encore, se livrent à des pratiques mystiques à base de sacrifices humains.
L’arrestation par les forces de l’ordre, dans les années 70, des premiers exécuteurs de ces crimes d’un autre genre, notamment au Gabon, permettra de savoir que les organes prélevés étaient destinés à des rites particuliers et à la préparation des fétiches et autres talismans sensés selon ceux qui en font usage, procurer puissance, pouvoir, promotion, richesse, longévité, etc. Depuis quelques années sur le continent africain, le crime rituel a pris une allure particulière avec des spécificités telles qu’on en est venu à faire un zonage de l’Afrique relativement à ce phénomène. Cependant, il importe de clarifier les notions de crime, de crime rituel, de fétiche et de Hounnon.

I-2 Clarification de notions.

«C’est quoi le crime ?»

Généralement, une infraction est considérée comme un crime si elle porte atteinte au bien-être collectif de la société ou si elle déroge significativement des normes socio-culturelles qui dictent la conduite normale d’une personne. Le crime désigne les infractions les plus graves en droit pénal français. C’est une infraction grave à la morale ou à la loi, punie par les lois, ou réprouvée par la conscience.

I-3 Qui est l’autorité Hounnon ?

Les autorités Hounnon authentiques sont des experts des énergies Yêwé, des spécialistes de la géomancie (Bokonon) et des médecins intellectuels historiques. Ils sont de vrais Hounnon attachés aux réalités ancetrales, cultuelles, médicinales africaines qu’ils utilisent pour soigner et guérir des maladies. Ils sont des Hounnon objectifs, jouissant de la notoriété publique, n’ont pas honte de porter leurs couronnes ou distinctions sacerdotales, sont régulièrement installés, sont reconnus traditionalistes authentiques par les populations. Le jeûne Gayeman meurtrier de Nanomin, n’est pas reconnu par les populations comme Hounnon. Il n’est pas connu du bataillon des réseaux des Hounnon de Toviklin.

I-4- le fétiche

Le fétiche est appelé dans les langues de l’ère culturelle géographique Adjà Tãdò: « Boo ou Ebo». Le fétiche est encore appelé en français ”gris gris” ou talisman. En termes clairs, le fétiche est différent du Vodou.

I-5 Rôles et fonctions de Hounnon

Le Hounnon, un ardent défenseur de la loi cosmique .

Le Hounnon est un détenteur des méthodes cognitives. Leur sacerdoce les oblige à ne pas commettre de crimes de sang.
Au Bénin, et cela est bien connu, aucun de nos Djowamon-culturels ancestraux ne reçoit du sang humain. Quiconque le fait s’expose à de graves conséquences. Pour mémoire, nous avons au Bénin des traditionalistes et surtout de hauts dignitaires, des autorités Hounnon qui ne vont pas sur les lieux d’enterrement. Ils ne s’approchent même pas du cadavre humain. Le Bénin n’est pas le seul pays où se pratique le crime rituel. Mais on se force pour montrer que sur la planète terre c’est au Bénin que le crime rituel est pratiqué. Ce n’est pas juste ! Bénin, pays de Vodou que le président Talon est en train de promouvoir gêne certaines personnes. Un adage populaire a dit :« Qui veut noyer son chien l’accuse de rage »

I I- Zonage du crime rituel en Afrique.

Les types de crimes rituels par ère géographique et les motivations des criminels ont conduit à spécifier trois grandes zones en Afrique avec des spécificités (cibles).

Zone A : Afrique centrale (Gabon) ; (Cameroun)
Zone B : Afrique de l’Ouest (Nigéria) ; (Bénin) ; (Côte d’ivoire) ; (Ghana)
Zone C : Afrique de l’Est (Burundi)

Ainsi, si l’Afrique centrale est touchée par le ritual power (rituel de pouvoir), en Afrique de l’Ouest les criminels excellent dans le rituel money ou rituel d’argent.
C’est ici le lieu de faire le constat que dans nos pays africains, quand on devient intellectuel moderne occupant des hautes fonctions, on pense qu’on est devenu le plus beau, le plus élégant, le plus fort et surtout le plus intelligent, détenteur de la science infuse. C’est ainsi que certains intellectuels modernes mentent pour salir les vrais défenseurs de la civilisation ancestrale Vodou. On les a vus et entendus pendant les Vodun Days, pendant les célébrations des 10 janvier… Ces derniers ne disent jamais la vérité sur certaines réalités culturelles de notre pays.

En Afrique et ailleurs, l’exercice du pouvoir est très souvent marqué par un compagnonnage avec ses forces occultes. Certains ne peuvent rien décider ni faire sans voir leur Hounnon ou Bokonon et celà est normal. Donc les préoccupations autour des questions du crime rituel sont un sujet délicat qu’on ne saurait aborder de façon légère. Et pour cause ! Les crimes à caractère rituel sont l’expression ultime de plusieurs maux dont souffrent les pays africains.

I I-1- L’origine des causes des crimes rituels

La défaillance des systèmes éducatifs, démission des parents dans l’éducation des enfants, la pauvreté et ses corollaires, la corruption et le clientélisme politique qui génèrent une justice à plusieurs vitesses où le pauvre a tort et où les criminels sont couverts ou défendus.

A côté de cette grande classe se développe de nos jours le panel des nouveaux riches composé « d’hommes et de femmes d’affaires », dont la plupart sont de véritables escrocs, arnaqueurs et criminels. Il se recrute parmi les jeunes déscolarisés, analphabètes mais aussi parmi les étudiants et étudiantes. C’est le phénomène de gayeman (cybercriminels) qui est né sous la bannière de la révolution informatique. Nos recherches nous ont conduit à constater que les Gayeman utilisent des fétiches qui n’existent pas dans le panthéon Vodou du Bénin.

L’escroquerie et l’arnaque sont des manœuvres frauduleuses punies par la loi, ils passent de plus en plus au crime rituel qui est une infraction plus grave avec atteinte aux droits de l’homme et aux bonnes mœurs.

II-2- C’est quoi le crime rituel ?

Le crime rituel est une pratique consistant à prélever des organes humains pour faire des « Gayeman fétiches» censés procurer un pouvoir magique. Cette pratique suscite indignation et action des pouvoirs publics et des populations.

III- Suggestion et recommandations au Gouvernement et aux personnes de bonne volonté

En Afrique, les acteurs développent bien des actions pour contrer voire éradiquer le fléau du crime rituel

  • 1.Soutenir les actions du chef de l’État, son Excellence Monsieur Patrice Talon dans la lutte contre les crimes rituels et la cybercriminalité.
  • 2-L’implication des associations et faîtières des traditionalistes dans la lutte contre le crime rituel
  • 3-l’appui aux organisations de la société civile pour conduire des actions ciblées
  • 4-Le recensement des cybercafés et des gayemen
  • 5-La création d’une base de données sur ces types de religion et leurs animateurs
  • 6-Le démantèlement du réseau des féticheurs et ritualistes
  • 7-La meilleure gestion des banques de sang
  • 8-La modernisation de l’appareil judiciaire
  • 9-La création et le soutien à la police scientifique et à la police criminelle
  • 10-La sensibilisation par les médias et les canaux traditionnels de communication
  • 11- La création et l’animation d’associations de lutte contre le crime rituel
  • 12-La vulgarisation des textes de loi sur la sécurité publique, la cybercriminalité, les droits de l’Homme, etc.
  • 13-Le renforcement de l’arsenal juridique par des textes de loi sur les phénomènes sociaux de l’ère du développement de l’économie numérique.
  • 14-La répression du phénomène du crime rituel par les forces de sécurité publique
  • 15-L’élaboration et la mise en œuvre d’une politique nationale de développement centrée sur la création de l’environnement nécessaire à la résorption du chômage endémique des jeunes.
  • 16.Assurer la collaboration du SyNaMITrAB défenseur ardent de la culture béninoise ainsi que sa médecine avec les institutions de la République.
Conclusion directe

Certains hors-la-loi sont en train de s’autoproclamer Hounnon. C’est très dangereux pour la crédibilité des autorités Hounnon, Bokonon en particulier et en général pour toutes les chefferies organisationnelles du Bénin. Pour éradiquer ce fléau, le SyNaMITrAB lance un appel vibrant aux Hounnon authentiques, à collaborer étroitement avec les forces de l’ordre en vue de les aider à traquer les criminels.

Ont Signé

Pour les bureaux départementaux et communaux du SyNaMITrAB.

  • Togbé DEGNON Toussaint Assaka Pdf Dépt/Mono,
  • Dah SÉGALA Célestin petit Piment Pdt/ Godomey,
  • Hounnon KINDJINOU Sossou Amakpo Pdt/ Com- Lokossa,
  • Togbé ASSÉNOU Christophe Pdt/ Com- Porto-Novo,
  • Togbé AISSAN Apklahoungassou Pdt/Département Couffo,
  • Hounnon Guêguê Simon Coordinateur Mono-Couffo,
  • Notable GAUTHÉ Hilarion Pdt/ Dépt- Colline,
  • Hounnon HADJAGOUN Kèyè Edènandi Pdt/ Com- Sô- Ava,
  • Hounnongan Guelly Toussaint, Organisateur,
  • Dah AYISSOTODÉ Zomagnanvo Pdt Com- Ouidah,
  • Hounnon SESSINOU Albert Noukêtchêkêtchê, membre, Pdt/ Assoc-Kokou du Bénin,
  • Baba Djêholou Nazaire, Pdt Arr Houèdo,
  • Hounnon FOLLY Herman, Aurélien Secrétaire Général Com- Lokossa,
  • Hounnon BODJRENOU Bienvenu Organisateur Com-Lokossa
  • Sa Majesté Colonel Messah DOHOUNGBO, Chargé des Projets,
  • Hounnon KANGNI Jean Akouété VP/ Com- Lokossa,
  • EYOU André PVP/Couffo,
  • Hounnongan Ananounon Pdt/ Com- Allada,
  • Hounnon EDAH Tchègnonhou, Membre
  • Vénérable DANSOU A. Gazozo Pdt/ Bureau Exécutif National.

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