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Politiques sécuritaires au Sahel

Politiques sécuritaires au Sahel : Casse-tête au golfe de Guinée

Par Arnauld KASSOUIN
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Les politiques sécuritaires au Sahel sont depuis peu source de mécontentement. Tant du coté des pays du golfe de guinée que des pays du sahel nord. En ce qui concerne les pays du golfe de guinée, la nouvelle dynamique des militaires de l’Aes met à mal la sécurité sous-régionale.

Les politiques sécuritaires au Sahel ont favorisé la création de la « confédération des Etats de Sahel ». En effet, au Sahel les politiques sécuritaires priment sur les autres domaines. Du fait de la situation sécuritaire dans la région. Ce n’est pas tout. Il y a aussi la sécurité des régimes militaires installés successivement depuis 2020. D’ailleurs, les cinq principes énoncés dans l’article 3 du titre II du traité actant la création de la « Confédération des Etats de Sahel » n’a pas manqué d’en faire brièvement cas. Il accorde plus d’importance à la sécurité. Ceci n’est pas sans raison.

« Dans les cas malien et burkinabé, l’expansion du terrorisme ainsi que des tensions politiques larvées ont conduit l’armée à agir » informe à titre indicatif Anne-Cécile Robert dans « Pourquoi tous ces putschs ». En fait, la situation politico-sécuritaire a été le chou gras des putschistes à différent niveau jusqu’à la normalisation de leur situation. Et « plus personne ne conteste leur lead » reconnait Ousmane Abdoul Moumouni, porte-parole du Conseil de la résistance pour la République du Niger.

Aujourd’hui, les autorités militaires sont-elles préoccupées par la situation sécuritaire de leur pays respectifs ? Non, pas totalement. Car, « l’insécurité est clairement grandissante » argumente l’analyste politique Nigérien. A ce propos, Wassim Nasr journaliste renseigne que « les acteurs en place sont moins préoccupés par la guerre contre le terrorisme que par le maintien ou l’acquisition du pouvoir » dans « Mali, Niger, Gabon… l’Afrique face aux révolutions kaki ».

Mobilité terrorisée

Aux premières heures de la prise de pouvoir par les putschistes, une restructuration de la carte sécuritaire a été observée. Il en est de même en ce qui concerne la carte politico-diplomatique de la région. En réalité, de la guerre du sahel (2003- à aujourd’hui) à la guerre contre le terrorisme (2012 à nos jours), un embarra subsiste. Celui-ci a rapport avec les diverses politiques sécuritaires au Sahel. Bien que d’importants sacrifices soient consentis dans la région depuis 2020, principalement au Mali, la situation humanitaire du pays a condamnée « quelques 80 000 enfants ». La situation humanitaire du nord-est du Mali « est catastrophique ». Des personnes déplacées vont de « maison en maison pour demander de la nourriture pour leur famille » affirme Wani Ould Hamadi, dans un article de l’Associated Press cité par Africanews.

Malgré cet état de choses, les politiques sécuritaires au Sahel, pour la plupart n’accordent que très peu d’importance sur d’autres modalités de résolution de conflit dans la pratique. Par ailleurs, au Burkina Faso, la situation humanitaire n’est pas reluisante. Même après le coup d’Etat du 30 septembre 2022. Le nombre de déplacé interne se chiffre à 2, 06 millions de personnes au 31 mars 2023 contre 1, 99 millions au mois de février de la même année. En ce qui concerne les personnes en situation de déplacement forcé au Niger, ils sont environ 687 000 lit-on sur le Réseau Afrique Europe pour la mobilité humaine.

Littoral terrorisé

L’enlisement de la situation humanitaire n’est pas sans conséquences pour les pays du golfe de guinée. Dans la même veine, et plus loin Jonathan Guiffard, expert associé-défense et sécurité de l’Institut Montaigne pense que les groupes extrémistes violents viseraient des opportunités. En fait, pour l’expert associé-défense et sécurité « pendant les premières décennies d’implantations et d’expansion des groupes jihadistes sahéliens, ces pays représentaient des opportunités de mener des opérations terroristes à forte dimension symbolique ». Lori-Anne Théroux-Bénoni et Nadia Adam, écrivent aussi dans Contre-terrorisme dans les pays côtiers : apprendre des erreurs du Sahel que « Les groupes extrémistes violents ne se limitent plus aux Etats sahéliens du Mali, du Niger, du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Tchad. Leur présence se ressent dans les régions septentrionales des Etats côtiers d’Afrique de l’Ouest, en particulier au Bénin, au Ghana et au Togo ».

Toujours sur le plan sécuritaire, lors de la rencontre des dirigeants ouest-africains à Accra le 22 novembre 2022, le président Nana Akufo Addo alertait déjà sur le fait que la détérioration de la sécurité au sahel « menace d’engloutir toute la région de l’Afrique de l’Ouest ». Ce fait n’est plus à démontrer. Car, au lendemain des coups d’Etat la situation sécuritaire dans le golfe de guinée s’est beaucoup plus dégradée. Au Nord-Bénin par exemple depuis 2021, de source sûre, de 6 attaques terroristes directes le Bénin est passé à 16 attaques en 2022. Aussi, de 18 individus armés non identifiés interpellés en 2021, le Bénin a enregistré 38 en 2022. De janvier 2021 en novembre 2023, le Togo a enregistré 40 incidents violents selon le groupe régional d’analyse intersectionnelle Granit. Selon la même source, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont enregistré respectivement 26 et 41.

Après coups d’Etat

Après les coups d’État, les pays de l’Aes ont rompu successivement avec plusieurs partenaires stratégiques notamment dans le contre-terrorisme. Les politiques sécuritaires en Aes n’ont pas été sans conséquences. D’un, beaucoup de déplacés venant de la région cherchent refuge dans les pays du littoral. Ce qui impacte par la même occasion durablement « la recomposition des hiérarchies économiques entre groupes ethniques ». « L’Aes détruit certains de ses enfants pour pouvoir grandir. Il crée de par ce fait, la haine » juge le Père Raymond Goudjo, le directeur exécutif de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix. De plus, la gestion de la Cedeao du cas du Niger a fragilisé quelque peu les relations entre les pays de l’Aes avec leur voisin direct.

Cet état de choses n’a pas manqué d’affecter par exemple les coopérations bilatérales entre le Niger et le Burkina Faso d’avec le Bénin. Dans la même perspective, conformément aux nouvelles politiques sécuritaires en Aes, les trois pays ont successivement rompu le cordon qui les liait avec le G5 sahel. Par la suite, l’initiative d’Accra s’est vue étouffée sans action concrète. Cette rupture a affectée la situation sécuritaire dans la sous-région Ouest-africaine mais aussi au sahel. Selon Héni Nsaibia, directeur de Menastream, « dans tout le Sahel central, les décès dus aux conflits et à la violence politique ont augmenté de 38%, quant aux décès de civils de plus de 18% ». De ce qui précède, il y a alerté sur le fait que le Sahel central et les pays côtiers Ouest africains sont issus d’un embryon commun. Alors, la stabilité régionale ne peut-être chose possible que si ces deux blocs s’unissent.

Co-écrit avec Moucharaf SOUMANOU

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