Le gouvernement réagit enfin aux polémiques suscitées par la loi sur la réforme de la chefferie traditionnelle au Bénin. Lors du point de presse hebdomadaire du conseil des ministres du mercredi 26 mars, le porte-parole du gouvernement a rassuré que cette loi n’emporte aucun royaume.
Par Fidèle DEDEGNONHOU
Depuis son adoption, la loi sur la chefferie traditionnelle suscitent de nombreuses controverses. Plusieurs entités estiment qu’elles ont été exclues. Aux premières heures de l’adoption de la loi, les peuples Xweda de Ouidah et des environs ont été les premiers à réagir. Ils disent constater l’exclusion de Saxè de la liste des royaumes et chefferies traditionnelles officiellement reconnus.
Dans les jours qui ont suivi, plusieurs dignitaires des potentiels royaumes non reconnus ont défilé au cabinet du président de l’Assemblée nationale pour plaider la prise en compte de leur entité. Louis Vlavonou a ainsi reçu une délégation de la cour royale d’Ifangni, conduite par Sa Majesté Rafiou Adébowalé. Quelques jours plus tard, ce sont les rois de Takon dans la commune de Sakété et d’Itasumba dans la commune d’Ifangni qui ont été reçus par le président du Parlement.
Le gouvernement, de son côté, continue de rassurer les populations de sa sincérité. Selon le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, il s’agit d’une action de clarification de ce milieu important pour la cohésion sociale. « La loi énumère avec précision et rigueur certains critères pour être royaume, chefferie coutumière et autres », explique-t-il, avant de préciser qu’il s’agit d’un travail historique et scientifique.
La réforme de la chefferie traditionnelle au Bénin vise à valoriser et moderniser ces institutions tout en respectant leur place historique dans la société béninoise. En d’autres termes, le texte permettra de clarifier la question de la chefferie traditionnelle en vue d’une meilleure organisation. Il ambitionne de définir un cadre juridique pour les pouvoirs des autorités de la chefferie traditionnelle, conférer une reconnaissance légale aux chefferies traditionnelles existantes sur le territoire béninois, fixer les règles garantissant leur organisation et leur rôle dans le développement socio-économique du Bénin et reconnaître leur contribution à la cohésion sociale et à la préservation des identités culturelles.
