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Lutte contre la chicha à Cotonou : Commissaires et chefs d’unités en grande mobilisation

Par Koladé Raymond FALADE
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Après le département de l’Atlantique, l’Initiative pour l’éducation et le contrôle du tabagisme (Iect) a réuni, jeudi 17 juillet, à la préfecture de Cotonou, les responsables de la Police républicaine du Littoral. Cet atelier de réflexion vise à renforcer leur engagement dans la lutte contre la consommation de chicha.

« Vous le savez déjà : le tabac tue. C’est pour cette raison que depuis décembre 2017, notre État a pris une loi conforme à la convention-cadre de lutte contre le tabac, qui est mise en œuvre depuis cette date. C’est vrai qu’il y a encore des décrets d’application à prendre », rappelle, à l’ouverture des travaux, la présidente de l’Iect, Blandine Yaya Sintondji.

Elle a ajouté que, parallèlement à cette loi, les préfets des 12 départements, dont celui du Littoral, ont pris des arrêtés spécifiques contre la chicha. Malgré cela, « nous assistons notamment à la consommation de la chicha dans les restaurants et bars de notre département », a-t-elle déploré, soulignant que, sans l’intervention des forces de l’ordre, « nous ne pouvons pas lutter efficacement contre ce fléau ». Elle a insisté sur leur rôle dans la sensibilisation et la répression : « Nous, nous sommes de la société civile. On n’a pas le pouvoir de réprimer. Donc, les commissaires sont là … pour apprendre davantage sur les inconvénients du tabac mais également sur le contenu des arrêtés pris par nos préfets. »

Une lutte globale et intégrée

Le préfet du Littoral, Alain Orounla, a salué l’initiative de l’Iect et insisté sur l’ampleur du combat à mener. « Je voudrais que les premiers mots de reconnaissance aillent à l’Ong Iect pour tout ce que vous entreprenez », dit-il, avant de souligner le danger que représente le tabagisme. « Ce fléau est banalisé mais c’est une source de morts silencieuses. Je dirai même que ce sont des fléaux comparables au génocide puisque c’est nous-mêmes qui allons chercher ces maladies qui coûtent cher à la société, qui allons chercher ces poisons qui nous tuent à petit ou à grand feu » a-t-il indiqué.

Le préfet a également appelé à élargir le champ de la lutte. « Il y a le tabagisme, l’alcoolisme, la consommation des autres produits – stupéfiants, psychotropes. Tous ces fléaux doivent être combattus simultanément », a-t-il souhaité.

Dans cette lutte contre la chicha, la répression seule est inefficace. Elle est «déjà un échec», constate Alain Orounla. Car «Ce sont des addictions qui ont besoin d’être prises en charge médicalement, qui nécessitent une grande sensibilisation. »

Il a évoqué les racines culturelles du tabagisme chez les jeunes. « Parlant du tabagisme et de la chicha, nous avons été adolescents. Moi, j’ai grandi à Porto-Novo. Le tabagisme est une marque d’épanouissement pour l’adolescent. On devient un grand quand on commence par avoir une cigarette au bec. Aujourd’hui, c’est la chicha. Ça fait riche. La lutte doit donc commencer par la sensibilisation» a-t-il expliqué.

Entre contraintes économiques et détermination

Alain Orounla a reconnu les difficultés économiques liées à cette lutte à travers une rencontre avec les promoteurs des restaurants et bars lors d’une séance de sensibilisation au moment de la Covid-19. « Tous les promoteurs disent : c’est avec la chicha que nous arrivons à arrondir notre fin de mois. C’est là que nous faisons des marges parce qu’il n’y a pas de marge sur l’alcool ni sur la restauration. » a-t-il dévoilé.

Malgré cette réalité, il a assuré de la ferme volonté des autorités. « Notre engagement est total, il est sincère. Que la sincérité de notre volonté ne nous fasse pas perdre de vue la cible et les moyens. La répression, comme je vous l’ai dit, doit venir en dernier lieu », a-t-il insisté.

Le préfet a enfin souhaité que cet atelier soit le point de départ d’une réflexion « sincère, profonde, exhaustive et holistique » pour « envisager les meilleures stratégies, les plus efficaces pour venir à bout de ce fléau »

La consommation du tabac à de graves conséquences sur la santé. Dans une communication présentée au cours de l’atelier, la communicatrice a indiqué que le premier inconvénient de la consommation du tabac est la faiblesse sexuelle.

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