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Auto-parrainage en 2026 : La Cour constitutionnelle botte en touche

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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La Cour constitutionnelle a déclaré irrecevable, jeudi 9 octobre, le recours à lui adressé par cinq juristes qui contestent la possibilité d’auto-parrainage. Les requérants avouent leur désarroi face à cette décision qui place le parti de l’opposition ”Les Démocrates” dans une situation délicate.

Auto-parrainage en 2026 ? Le recours déposé par cinq juristes, dont Landry Angelo Adelakoun et Miguel Houeto, contestant l’interprétation de la Cena sur l’auto-parrainage des candidats à l’élection présidentielle, a été déclaré irrecevable. Les requérants dénonçaient des propos du directeur général des élections, Boukary Abou Soulé Adam. Celui-ci avait estimé lors d’une séance de travail avec les députés que « si l’on peut voter pour soi, l’on peut s’auto-parrainer ».

Selon la Cour, la demande des cinq juristes sur la contestation de l’auto-parrainage en 2026, ne relève pas de ses attributions, telles que définies par la loi organique qui la régit.

Le débat sur l’auto-parrainage en 2026 s’est enflammé à l’approche de la présidentielle d’avril 2026. Dans leur requête, les juristes estiment que, conformément à l’article 132 du code électoral, le parrainage doit être extérieur au candidat.

Pour eux, le législateur a clairement insisté sur le fait qu’« un député ou un maire ne peut parrainer que le candidat membre ou désigné du parti sur la liste duquel il a été élu », ce qui exclut toute possibilité de s’auto-parrainer .

Or la Cena, à travers son directeur général, semble défendre une interprétation pragmatique : le droit de vote pour soi-même justifierait le droit de se parrainer. Cette position, si elle était invalidée par la Cour constitutionnelle, pourrait remettre en cause la candidature de figures emblématiques de l’opposition, issues du parlement .

La Cour constitutionnelle a motivé sa décision en rappelant les limites de son champ d’action. En vertu de la loi organique, elle ne peut être saisie que dans deux cas précis, à savoir violation des droits fondamentaux et contrôle de constitutionnalité des lois, textes réglementaires ou actes administratifs.

Or, la requête des juristes ne relevait ni de l’un ni de l’autre, souligne la haute juridiction.

Implications politiques

Pour le parti Les Démocrates, cette décision est un coup dur. Avec exactement 28 élus (le seuil minimal de parrainage requis), il ne peut se permettre de perdre un seul parrain. Si l’auto-parrainage était interdit, ses députés ne pourraient pas à la fois être candidats et signer leur propre formulaire. Landry Angelo Adelakoun, l’un des requérants, exprime son inquiétude au journal Bénin Intelligent.

« Le recours a été jugé irrecevable. La Cour pouvait s’auto-saisir. C’était ça même notre objectif. Mais, non, elle ne s’est pas auto-saisie. Et là, nous sommes comme face à une épée de Damoclès sur la tête du parti Les Démocrates. Ils risquent d’être disqualifiés s’ils choisissent un député comme candidat à la présidentielle de 2026 » .

Les noms d’Éric Houndété, de Nourenou Atchadé ou de Kamel Ouassagari, tous députés, circulent comme potentiels candidats. La non-clarification du cadre juridique les place dans une situation de vulnérabilité stratégique .
Pour rappel, le parrainage a été introduit dans le code électoral en 2019. Il est perçu par ses détracteurs comme un mécanisme de « tamisage » limitant la diversité des candidatures.

La Cena, quant à elle, lance l’enregistrement des candidatures dès ce vendredi 10 octobre.

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