Home Actualité Défis sécuritaires au Bénin : Filles en actions lance un projet pour l’inclusion des femmes et des jeunes

Défis sécuritaires au Bénin : Filles en actions lance un projet pour l’inclusion des femmes et des jeunes

Par Koladé Raymond FALADE
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L’Ong Filles en actions a lancé mardi 10 décembre à Abomey-Calavi, un projet dénommé « Pour des agendas féministes, paix et sécurité africaines de l’ouest et du Sahel solidaire pour la paix ». Ce projet est porté par un consortium international d’Ong avec à sa tête Equipop, une organisation dédiée à la promotion des droits des femmes et des filles.

Le Bénin fait face depuis quelques années à une montée progressive de l’insécurité, notamment dans sa région nord. Ceci, en raison de sa proximité avec des pays frappés par des fragilités sécuritaires de grande ampleur avec qui, il partage près de 2 123 km de frontières terrestres. Dans sa frange septentrionale, l’Atacora et l’Alibori subissent durement des incursions meurtrières. Cet état de choses positionne ces deux départements comme des zones à risques.

Cette situation exacerbe les défis auxquels sont confrontées les femmes, déjà victimes d’inégalités structurelles et de violences basées sur le genre (Vbg). Face à ces enjeux, le Bénin ne dispose pas de stratégie ou politique nationale pour intégrer les femmes dans les processus de paix et de sécurité. L’absence de telle perspective s’explique par la faible « implication des femmes dans la prise de décisions ». Ce qui d’ailleurs les expose « davantage aux risques et aux vulnérabilités liées aux conflits émergents ».

C’est dans ce contexte que le projet « Pour des agendas féministes, paix et sécurité » entend agir, en collaboration avec des organisations locales, « pour combler cette lacune et promouvoir une approche inclusive ».

Six organisations internationales engagées

Le projet « Pour des agendas féministes, paix et sécurité africaines de l’ouest et du Sahel solidaire pour la paix » a été présenté mardi, lors d’une conférence de presse. Trois organisations ont porté la voix de toutes les organisations qui accompagnent l’Ong Filles en actions dans la mise en œuvre de ce projet au Bénin. En première place, Filles en actions elle-même, la Fondation des jeunes amazones pour le développement (Fjad) et le Réseau ouest-africain des jeunes femmes leaders (Roajelf Bénin).

Il ressort de leur présentation que le consortium international d’Ong qui exécute ce projet est composé de six organisations. À savoir, Diakonia (Burkina Faso), Femmes actions et développement (Fad – Niger), Gorée Institute (Sénégal) et Equipop (cheffe de file). Le projet est mis en œuvre dans six pays. Il s’agit du Togo, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad.

Le projet « Pour des agendas féministes, paix et sécurité africaines de l’ouest et du Sahel solidaire pour la paix » soutenu par l’Agence française de développement (Afd) est un projet ambitieux qui a une vision. « Celle d’un monde où les femmes et les filles, notamment celles d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, participent pleinement à un développement humain, juste et durable » ont-elles affirmé.

Le mouvement féministe qui soutient ce projet aspire à non seulement faire entendre la voix des femmes, mais aussi à reconfigurer les approches de gestion des conflits et de paix. Car les femmes constituent plus de 50 % de la démographie au Bénin selon l’Insae.

Aujourd’hui, une attention particulière est tournée vers elles parce que, pendant trop longtemps, certaines approches ont ignoré les défis spécifiques des femmes et des jeunes. « Aujourd’hui, nous affirmons que la paix sans justice de genre n’est pas une paix véritable » ont-elles lancé.

Des axes stratégiques pour des résultats probants

Le projet s’articule autour de trois axes stratégiques, tous pensés dans une perspective féministe et intersectionnelle. Entre autres, accélérer la participation collective des femmes et des jeunes féministes dans la gestion des crises et des conflits, renforcer la capacité et le leadership des femmes et des jeunes filles et soutenir une action collective des réseaux féministes grâce à des stratégies de plaidoyer et de mobilisation sociale.

Au terme de la mise en œuvre du projet, plusieurs résultats sont attendus. Notamment, l’augmentation de la participation active des femmes et des jeunes dans la gestion des crises et des conflits avec des mécanismes concrets pour faire entendre leur voix, le rééquilibrage des relations de pouvoir en s’attaquant aux racines des inégalités de genre notamment dans les zones les plus touchées par les crises, l’instauration d’une culture de paix véritablement féministe pour la prévention des violences notamment dans les zones les plus touchées par les crises.

En tant que partenaire stratégique d’Equipop, membre du consortium international au Bénin, « Filles en actions se fait le relais de cette vision en étant d’un appui technique et un pont de collaboration entre Equipop et les organisations sous-récipiendaires béninoises dans la mise en œuvre des activités du projet » a fait savoir la présidente de l’Ong Brian Sossou.

Parlant des organisations sous-récipiendaires béninoises, il en existe une dizaine qui accompagne l’Ong Filles en actions. Chacune d’elle travaillera sur un aspect du projet conformément à son champ d’action.

Emmanuel Ganse, président de l’Institut Tonafa, a appelé dans son mot de circonstance à associer les associations des femmes, surtout des jeunes, au processus de décision en ce qui concerne la paix et la sécurité.

Soutien du gouvernement

Le projet ne souffrira pas du soutien des dirigeants béninois. À la cérémonie de lancement, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique s’est fait représenter par le contrôleur général de police Louis Tokpanou, secrétaire permanent par intérim de la Commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme. Au nom du ministre, il a réaffirmé la disponibilité du ministère à accompagner les Ong engagées dans ce projet pour sa réussite. « À tout moment que vous avez besoin de notre appui, n’hésitez pas. Le gouvernement ne manquera pas de faire ce qui lui revient » a-t-il rassuré.

La présidente de l’Institut national de la femme (Inf) Huguette Bokpe Gnacadja a invité tous les Béninois à soutenir cette initiative à travers les différents projets qui seront mis en œuvre dans les mois à venir.

Le projet « Pour des agendas féministes, paix et sécurité africaines de l’ouest et du Sahel solidaire pour la paix » va durer trois ans.

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