Home Actualité Foi chrétienne sans exclusion : Rév. Moïse Sagbohan publie “Ma passion : mon vœu/mélanges personnels”

Foi chrétienne sans exclusion : Rév. Moïse Sagbohan publie “Ma passion : mon vœu/mélanges personnels”

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
0 Commentaire

Quinze ans après ses mémoires sur l’histoire de l’Epmbc, le Rév. Prof. Moïse Sagbohan revient en librairie. « Ma passion, mon vœu/mélanges personnels » a été lancé samedi 22 février lors du synode biennal 2025. L’œuvre autobiographique prône le vivre-ensemble.

Par Yélian KINTOHOU

La décision ou les circonstances qui ont conduit à l’écriture de cet ouvrage relèvent de coïncidences de vie. Le présentateur raconte, en effet, que les années ont un sens pour l’auteur, Moïse Sagbohan. 2023-2024, d’abord son épouse fêtait ses 70 ans, lui-même célébrait ses 75 ans marqués par 50 ans de vie pastorale et 15 ans de retraite. De plus, l’Église protestante méthodiste du Bénin (Epmb) célébrait ses 180 ans.

Ces anniversaires de circonstance sur deux ans ont amené le Révérend Moïse Sagbohan à offrir alors à la communauté protestante, un document autobiographique qui appelle à la tolérance religieuse.

L’ouvrage est préfacé par le président actuel de l’Epmb, le Révérend Kponjesu Amos Hounsa et postfacé par son vice-président laïc, professeur Jean-Claude Zounmènou. Il aborde les grandes problématiques de notre époque.

« L’auteur (…) est préoccupé par les questions de vivre-ensemble, de dialogue, de vie communautaire aisée mais aussi par les questions de changement climatique et de questions de genre », a affirmé Jacob Sovoessi, présentateur de l’ouvrage.

Contenu de l’ouvrage

D’un volume de 271 pages, l’ouvrage « Ma passion : mon vœu/mélanges personnels », est subdivisé en trois parties essentielles. La première porte sur la vie de l’auteur, la deuxième présente les enseignements, l’exégèse de quelques portions du nouveau testament dans un style accessible et la troisième partie aborde les expériences de l’auteur de façon générale. S’y ajoutent les annexes et une galerie photos retraçant différentes époques.

«Il s’agit d’un ouvrage sur ma vie personnelle, mes parcours professionnels, pastoraux et autres en complément à mes publications antérieures », lit-on à la page 43 de l’œuvre. « Ce document nous invite à éviter une stigmatisation de l’autre », a confié Adrien Dossou, l’un des coachs de l’auteur. Pour lui, il s’agit dans le document « de considérer l’autre comme son frère et d’accepter la tolérance religieuse ».

A la lecture, « vous allez être satisfait de voir un homme qui tient compte de tout l’être, de tout être. Un homme qui dans ses aventures théologiques considère l’humain dans son intégralité comme un bien précieux de Dieu », a déclaré Jacob Sovoessi.

« Le sujet et l’objet de la présente publication rappellent l’ouverture d’esprit évangélique que nous devons avoir, que nous devons vivre », a martelé le Révérend pasteur Moïse Sagbohan. Dans cette perspective, l’auteur attire l’attention sur l’importance de la coexistence pacifique pour le vivre-ensemble et le développement durable. Il appelle à considérer l’autre sans mépris. « Ne méprisons par nos langages, ni par nos comportements, ni par nos décisions, ni par les mots que nous utilisons », a conseillé le présentateur.

Dans cette logique, l’auteur estime que certaines traductions de la Bible dans les langues locales africaines sont erronées et doivent être corrigées. L’homme étant créé à l’image de Dieu, « dans nos langages, nous devons éviter tout ce qui frise de l’exclusion », soutient Jacob Sovoessi.

Problème de sémantique

Conscient des difficultés de traduction et soucieux de promouvoir un climat de cohésion, le Révérend pasteur Moïse Sagbohan propose donc des ajustements.

Il souhaite « voir débarrasser des versions de notre Bible et de nos liturgies issues des traductions en langues locales toutes interprétations, toutes traductions susceptibles de constituer une pierre d’achoppement pour les disciples béninois de Jésus-Christ eux-mêmes et surtout pour leurs frères et sœurs, voisins et voisines qui n’ont pas encore découvert le Christ, parce qu’ils sont restés fidèles aux croyances ancestrales », a fait savoir Jean-Claude Zounmènou, coach de l’auteur.

Moïse Sagbohan « propose que le terme “Lègba” par lequel on a traduit le diable dans la version “gungbé” de la Bible soit remplacé par un vocable moins stigmatisant».

L’auteur illustre cette idée en référence à la portion « délivre nous du mal » de l’oraison dominicale (le « Notre père ») pour mieux traduire “Lègba”. Le mal ou le malin devrait être traduit en “gungbé” par “danounon” ou “hlouékponnon” ou “hlouékpontô” ou “ylandonon” et non par « “Lègba” qui se retrouve en “goun” dans nos liturgies, cantiques, chants, dans les récits synoptiques de la tentation et autres ».

En désignant le ”diable” par “Lègba”, « nous nous trouvons là dans un genre de pied de guerre qui ne convient plus à la mission d’évangélisation contemporaine où tout le monde a soif de réconciliation, de paix, de vivre-ensemble pour le développement durable et holistique », rectifie le professeur Moïse Sagbohan.

Il évoque de plus le cantique méthodiste numéro 483 où il demande de ne pas faire de polémique au sujet du Fâ ou du Bokonon. « Le Seigneur Jésus-Christ est notre Dieu et notre suprême Bokonon. Ça veut dire que des Bokonon existent mais le Bokonon suprême, c’est Jésus », a-t-il soutenu.

« Il y a beaucoup d’aberrations que nous devons corriger », reconnaît aussi le postfacié, faisant allusion à la version du credo. « Ça fait plus de 100 ans que nous répétons la traduction de la phrase, “Il a souffert sous Ponce Pilate” qui a été rendue.par “Minhé jiya to Ponce Pilate glô”». Il fait observer que la version française était une version soutenue qui disait simplement qu’il a souffert au moment où Ponce Pilate était roi. « Il faudrait que la traduction soit reprise et c’est ce que le président Sagbohan nous invite à faire ».

« Ma passion : mon vœu/mélanges personnels », le présentateur invite les lecteurs à poser la balle à terre en le lisant sans quoi, ils seront choqués. Pour lui, on doit aborder l’ouvrage avec un esprit d’ouverture et sans exclusion.

Rejoignez-nous pour ne rien manquer de l’actualité

LIRE AUSSI

Lire aussi

Laisser un commentaire

A propos de nous

Bénin Intelligent, média au service d’une Afrique unie et rayonnante. Nous mettons la lumière sur les succès, défis et opportunités du continent.

À la une

Les plus lus

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour être notifié de nos nouveaux articles. Restons informés!