A quelques mois des élections générales de 2026, de nouvelles formations politiques font leur apparition. Au-delà, des ambitions présidentielles s’observent ça et là, presqu’au mépris des conditions corsées d’accession à la magistrature suprême. Jean-Baptiste Hounguè, ancien membre du Bloc Républicain croit que « ce code sera revu ». Reçu en interview au quotidien La Nation, il propose un regard prospectif sur les élections générales de 2026, en l’occurrence la présidentielle.
L’engagement politique de Jean-Baptiste Hounguè est mu par une conviction. Pour lui, faire la politique, c’est « réparer ce qui est mauvais dans la cité, donner à boire, à manger à la population, faire en sorte que la population puisse respirer, avoir un toit ». C’est la quête de ce même idéal qui l’a poussé à créer le 12 octobre 2024, le Parti populaire panafricain (Ppp).
Le Bénin a engagé en 2018 la réforme du système partisan. Depuis, c’est la course aux grands rassemblements. Cela n’a pas empêché le Ppp de voir le jour. Avec l’ambition de se positionner pour les élections générales de 2026. Si Jean-Baptiste Hounguè a porté ladite réforme, il confie à La Nation que « c’était du trompe-l’œil ». « Si nous devions créer un parti politique, cela devrait être ‘‘Bénin en route’’ qui a été morcelé pour créer d’autres formations politiques », dénonce le président du Ppp.
Il va jusqu’à affecter ses récentes démêlées avec la justice au « milieu politique ». « Les gens ont souhaité m’éliminer parce que peut-être je marchais sur des intérêts », soupçonne-t-il. Mais son engagement semble ne pas défaillir. Il réaffirme : « Une chose est sûre, je suis citoyen de ce pays, je suis un patriote et je dois contribuer aux débats et répondre aux enjeux de développement ».
Ce code sera revu…
L’agenda du Parti populaire panafricain inscrit en bonne place les joutes électorales de 2026. « Nous nous acharnons à avoir nos documents officiels », informe son président. Le deuxième enjeu de taille pour le parti est sa participation aux prochaines élections, avec le choix de ses candidats ainsi que du « duo qui [le] représentera à la prochaine présidentielle ».
Mais au regard du nouveau code électoral, le parti a peu de chance de pouvoir présenter ses candidats comme il l’a prévu. Jean-Baptiste Hounguè n’est pas de cet avis. Il est convaincu que « ce code sera revu afin de permettre à tout le monde d’aller aux élections ». Cette certitude tient du courage indien.
Au lendemain de l’adoption du nouveau code électoral, l’Eglise catholique a initié un colloque pour en analyser la teneur. Des conclusions de ce colloque, ce code serait crisogène. Elle a, avec la société civile et les formations politiques de l’opposition, initié un plaidoyer pour la relecture dudit code. Mais sans succès. Malgré l’ouverture affichée du chef de l’Etat à cette relecture, les partis qui le soutiennent ne démordent pas.
Le porte-parole du gouvernement estime pour sa part que ce code impose un « défi » pour « tous les partis ». Celui de « travailler le terrain » pour passer le seuil des 20% afin d’espérer obtenir des sièges au parlement en 2026. La perspective d’une relecture du code électoral n’est donc plus si perceptible à l’horizon. Mais Jean-Baptiste Hounguè s’y accroche. « Si on avait voté un tel code en 2016, nous n’aurions pas eu la chance d’avoir le président Patrice Talon », justifie-t-il.
Il a fait du bien mais…
Le président du Ppp se dit satisfait des réalisations du président Talon. Toutefois, il se dit convaincu qu’« au sein de la population béninoise, il y a encore des gens aguerris qui feront quatre, cinq, dix fois mieux que le président Talon ». Son appel à « ouvrir le jeu politique » y trouve tout son sens.
Cela permettra, pense-t-il, de « laisser libre choix au peuple béninois de choisir son prochain dirigeant ». Il n’est pas pour une quelconque « pérennisation du système Talon ». « Aujourd’hui, Talon a battu le record de Boni Yayi et demain quelqu’un d’autre battra le record de Talon », projette Jean-Baptiste Hounguè.
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