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Santé sexuelle et justice reproductive : Filles en actions mobilise Tori-Bossito autour d’une Task force

Par Koladé Raymond FALADE
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La commune de Tori-Bossito, dans le département de l’Atlantique, dispose désormais d’un organe communautaire de contrôle citoyen axé sur les Droits en santé sexuelle et reproductive des adolescent.e.s et des jeunes (Dssraj), ainsi que sur la justice reproductive. Il s’agit de la Task force Billi, mise en place à l’issue d’un atelier tenu les 4 et 5 juin derniers à la mairie.

L’initiative de l’Ong Filles en actions s’inscrit dans le cadre de son projet « Nos droits, notre vie ». La Task force réunit une vingtaine de leaders communautaires venus d’horizons divers. Comme les artisan.e.s, chef.fe.s traditionnels, commerçant.e.s, professionnel.le.s de santé, jeunes diplômé.e.s et personnes non alphabétisées. Leur mission consiste à suivre, interpeller et proposer des actions concrètes pour améliorer l’accès à la santé sexuelle et reproductive dans la commune.

À l’entame des travaux de cet atelier, la présidente de l’Ong Filles en actions, Brian Sossou, a indiqué que le projet est né d’un rêve, « celui qu’une fille, un jeune, puisse oser interpeller son maire, demander au médecin-chef pourquoi les contraceptifs manquent, ou au directeur d’école pourquoi les filles abandonnent après une grossesse. » Elle a précisé que la Task force Billi offre désormais un véritable cadre d’action.

La présidente de l’Ong Filles en actions a estimé que cette initiative dépasse le simple cadre du suivi. À ses yeux, il s’agit d’une réappropriation citoyenne des politiques publiques, un moyen de lutte contre la marginalisation des voix des jeunes dans les espaces de décision.

« La démocratie locale ne doit pas être réservée à ceux qui savent lire », a-t-elle souligné, ajoutant que « l’intelligence communautaire ne se lit pas dans un diplôme, mais dans l’expérience du quotidien. »

Plaidant pour l’institutionnalisation de la Task force, Brian Sossou a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un organe symbolique, mais d’une véritable force citoyenne capable d’échanger avec la mairie, d’accéder aux données et de proposer des solutions. Pour elle, « le contrôle citoyen ne doit plus être vu comme une opposition, mais comme un pilier de la bonne gouvernance. »

Autorités engagées

L’initiative a été bien accueillie par les autorités locales. Représentant le maire, le chef d’arrondissement d’Azohoue-Aliho, Gérard Agbozo, a salué la forte mobilisation et jugé que la Task force rappelle que « la démocratie ne se limite pas à voter. Elle se vit au quotidien, dans le dialogue. » Il a ajouté que la mairie reste ouverte à toute collaboration.

Le maire des jeunes, Wilfried Agossouvè, a insisté sur la nécessité d’ancrer la culture de redevabilité à l’échelle locale. Selon lui, « les jeunes veulent participer, pas juste observer. Nous sommes prêts à relever ce défi. » a-t-il lancé.

Le médecin-chef de la commune, Abdel Fagbemi, a reconnu certaines limites dans l’offre de services en santé sexuelle et reproductive. Il a estimé qu’une initiative comme celle-ci permettra d’identifier les failles et de construire des solutions en lien avec la communauté.

Le responsable du Développement local et de la planification de la mairie de Tori-Bossito, Robert Johnson, a salué la pertinence du dispositif. Il a souligné que « la planification communale a besoin de données issues du terrain, mais aussi de ressentis, de vécus.» La Task force Billi peut devenir selon lui, «un canal précieux pour capter les réalités sociales et les traduire en politiques publiques adaptées. »

Une dynamique structurée

À l’issue des deux jours de travaux, les membres de la Task force ont exprimé leur engagement à porter la mission qui leur a été confiée. Wilfried Agossouvè, représentant du Guichet unique de protection sociale (Gups), y voit une opportunité de porter les aspirations de la jeunesse. « C’est pour moi une occasion d’influencer positivement la gouvernance locale, de faire un bon suivi et d’éclairer la jeunesse sur la question de la redevabilité », a-t-il confié.

Pour Céline Logbo, la mise en place de la Task force Billi constitue une avancée significative. Elle a salué le fait que l’initiative permette une collaboration étroite entre femmes et jeunes.

Le consultant Osé Coliko a indiqué que les membres ont été formés aux fondamentaux du genre, au contrôle de l’action publique, à l’audit citoyen et au suivi budgétaire. Il a précisé que la Task force s’est dotée d’un plan d’action, d’une équipe dirigeante et d’outils de suivi. Il a réaffirmé l’engagement des consultants à accompagner durablement le processus.

Robert Johnson a confirmé, de son côté, qu’un plan d’action avait été élaboré. Il a annoncé que la mairie apporterait un appui logistique minimum, précisant que « la salle de conférence est mise à disposition pour les réunions, et un cadre de partenariat a été signé entre les deux parties. »

L’initiative sera consolidée par un plan d’action opérationnel et une convention de partenariat entre la Task force Billi et la mairie. L’objectif est double. Il s’agit de renforcer la transparence et la redevabilité au sein de l’administration communale, tout en favorisant l’émergence d’une génération de citoyen.ne.s outillé.e.s, informé.e.s et engagé.e.s dans la transformation communautaire.

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