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Vodun days : Le gouvernement explique et répond aux critiques

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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[DIRECT] Ce jeudi 30 novembre, le ministère du Tourisme, de la culture et des arts fait sa première sortie officielle sur l’initiative des Vodun days. Les professionnels des médias ont rencontré Jean-Michel Abimbola à la salle polyvalente de Sèmè-City à Cotonou.

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Les Vodun days ont été annoncés le 31 octobre dernier à travers un communiqué de presse. Étalés sur deux jours (9-10), ils remplacent la traditionnelle fête des religions endogènes fixée au 10 janvier, jour férié. Les Vodun days visent à célébrer les arts, la culture et la spiritualité Vodun. Ils collent donc parfaitement à l’ambition du gouvernement de Patrice Talon de révéler au monde la richesse du patrimoine Vodun.

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Dans son Programme d’action, l’Exécutif mise sur le tourisme, la culture et les arts comme des leviers de développement et de rayonnement aussi bien à l’intérieur qu’à l’international.

Les Vodun days viennent donc révolutionner et moderniser le 10 janvier. Celui-ci prendra donc dès 2024 une nouvelle dimension autour d’un ”cérémonial Vodun” «qui se déploie dans l’écrin d’un espace scénique aménagé pour l’occasion, en présence de hauts dignitaires et des fidèles Vodun qui exécuteront chants et danses rituels».

Programmation des Vodun days

Des aménagements spécifiques ont été engagés pour créer un évènement immersif d’envergure. Un parcours dans la « Cité-Musée de Ouidah >> offrira une déambulation autour de 4 places emblématiques réaménagées: place Maro, esplanade du Fort Français, place du Temple des Pythons et Forêt sacrée de Kpassé. Un couvent éphémère dédié à Vodun Mami sera installé face à la mer.

Une scène sur la plage accueillera des artistes béninois et internationaux pour des concerts festifs. Le village des Vodun Days proposera de nombreuses animations, ainsi que la vente d’artisanat local ou encore des espaces de restauration. Enfin, des services additionnels permettront de faire des Vodun Days une expérience qualitative avec l’aménagement d’un camping proposant la location de tentes pour différentes catégories de publics et l’accès à une zone de parking dédiée.

Jean-Michel Abimbola au pupitre

Dans ses premiers mots, le Mtca Jean-Michel Abimbola a indiqué que avec les Vodun days le Bénin assume pleinement sa vocation de terre du Vodun, terre de tolérance. Il s’agit aussi de «restaurer et maîtriser » le narratif sur notre patrimoine.

Le vocable Vodun, précise-t-il renvoie à toutes les sensibilités religieuses ancestrales improprement regroupées sous l’expression “religions traditionnelles”. «Vous entendrez de moins en moins de ma bouche l’expression religions traditionnelles », a-t-il d’ailleurs assuré.

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À propos de l’appellation “Vodun days” (anglais), Jean-Michel s’est prononcé sur les réserves émises dans l’opinion publique.

«Il ne faudrait pas que ce soit un entre-soi. Nous avons noté combien le Vodun s’est répandu à travers le monde (Cuba, Caraïbes, Europe, Asie.) Partout on parle du Vodun, partout des communautés ont hérité de ce patrimoine». Autrement, le projet des Vodun days ne s’adresse pas qu’aux locaux.

«Nous nous adressons à des béninois de Ouidah, de Bembereke, des africains du Zimbabwe, du Togo. Donc quand je vais dire Vodun-zan je m’adresse aux Béninois alors que je veux que le monde entier sache», argumente Jean-Michel Abimbola.

«Le fait que les autres religions prospèrent au Bénin c’est la preuve de la tolérance du Vodun. Le gouvernement n’est pas là pour faire la promotion d’une religion. Il est là en revanche pour la réappropriation culturelle».

Jean-Michel Abimbola, Mtca

«Authenticité par le vocable Vodun et l’ouverture par ”days”»

Avec «”days” c’est l’ouverture au monde. Si je dis Vodun tout court, les gens ne sauront pas que je parle d’un rendez-vous annuel. Je n’écris pas le Vodou (français), vaudou ou Voodoo (anglais) mais j’écris le “Vodun” à la béninoise, en fongbe (langue la plus parlée dans le pays). Donc le naming que nous avons n’est pas un naming au hasard», renchérit le Mtca.

Vodun days c’est «L’authenticité par le vocable Vodun et l’ouverture par ”days”».

Par ses nombreux projets de développement touristique, le gouvernement porte-t-il, par ailleurs, atteinte à la laïcité de l’État ? Jean-Michel Abimbola répond par la négative. «Le fait que les autres religions prospèrent au Bénin c’est la preuve de la tolérance du Vodun. Le gouvernement n’est pas là pour faire la promotion d’une religion. Il est là en revanche pour la réappropriation culturelle».

Consultation du Fa – Comité des rites Vodun

Jean-Michel a réagi en outre à la composition du comité des rites Vodun jugée non représentative. Ce comité, dit-il, n’a pas été mis en place dans un objectif de représentation nationale. Il s’agit d’un comité technique pour conseiller le gouvernement dans son projet de développer le tourisme religieux autour du Vodun.

Le ministre du Tourisme, de la culture et des arts confirme que la consultation nationale du Fa (Tofa) change de format. Désormais, elle sera faite lors du 10 janvier à Ouidah par un collège de 11 Babalawo (Bokonon).

Jean-Michel Abimbola observe que le désordre a régné en cette matière. Se référant à l’histoire du Tofa, il soutient que n’importe qui ne devrait pas le faire. Dans les royaumes pré-coloniaux, c’est le roi qui le préside et fait les sacrifices nécessaires au profit de son peuple.

Le Tofâ ou Ifa-ilou, c’est le roi ou le chef d’un territoire qui décrète cela. Donc dans un royaume, le roi dit : «je veux qu’on consulte le Fâ pour le royaume». En République, qui doit faire ça ? (…) Ce n’est pas parce que nous avons laissé faire jusqu’à présent, qu’on n’aura raison de laisser faire ! (…) Aujourd’hui, nous avons un gouvernement qui souhaite se réapproprier la culture béninoise au profit du Bénin et au profit du monde. C’est pour ça que nous avons discuté avec les uns et les autres pour leur faire comprendre.

Dans une République, le chef de l’État, le gouvernement est donc habilité. «Le propriétaire a décidé de reprendre sa chose», a déduit Jean-Michel Abimbola. Toutefois, il a salué les personnes qui ont maintenu le flambeau de cet héritage patrimonial durant 17 ans.

Le FIP (Festival international de Porto-Novo) n’aura plus lieu en janvier à Porto-Novo. Il est décalé en août, a dévoilé le Mtca.

Fin de la conférence de presse. Plus de détails sous peu.

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